Bentley Brooklands, je m’embourgeoise…

J’ai toujours adoré les voitures de sport radicale. Peu importait le confort pourvu qu’on ait l’ivresse, l’efficacité, et la sonorité qui vont de pair avec ce genre de véhicule.

Pourtant, lors du dernier Mondial, j’ai visité le stand Bentley. J’adore le look de la Continental GT, et me glisser à son bord est toujours un évènement appréciable. J’en ai profité également pour me glisser au volant d’une somptueuse berline. D’ordinaire, j’apprécie les matériaux, l’odeur du cuir pleine fleur, puis je caresse un peu les portes en alcantara et je cherche les mille petits détails qui permettent au possesseur de l’auto de se sentir comme chez lui. Mais je ne m’imagine jamais au volant de ce genre d’engin : trop lourd, trop encombrant, et pire, avec encore un volant à 4 branches…

Mais cette fois-ci, pour la première fois, je me suis surpris à rester plus longtemps dans la voiture, et à me dire « finalement, une Bentley, c’est peut-être le bon choix ». Sauf que je ne peux pas en acheter une bien sûr !

Et la Brooklands, dernier coupé proposé par Bentley, a achevé de me faire comprendre l’intérêt de ce genre de voiture. Très lourde, elle compte malgré tout sur une V12 suralimenté de 537 cv, qui permet à la voiture de se déplacer aussi vite qu’une Audi S8. Le 1000 M départ arrêté est pulvérisé en moins de 25 s, et les freins carbone céramique rassurent l’utilisateur sur les capacités de décélération. Mais surtout, ce coupé est d’une classe folle, et permet de voyager entre gens de bonne compagnie, à 4 avec bagages.

A 350 K€ en moyenne, limité à 550 exemplaires, cette Brooklands ne s’adresse pas à tout le monde, mais distille un raffinement qui est parvenu à me faire oublier mes valeurs sportives fondamentales, et ce n’est pas peu dire…

Articles en rapport :

6 Commentaires

  • 1
    novembre 11, 2008 - 6:22 | Permalien

    Pour faire vite, c’est une des voitures qui me fait bander sans peine 😮

    J’ai eu l’occasion de la voir en différents lieux et chaque fois c’est la même chose : le monde s’arrête de tourner…

    J’aime la Continental GT même si je trouve que la vrai Bentley c’est l’Arnage (et ils la font mourir !!!)
    Par contre, j’aime pas vraiment la Flying Spur, ça nivelle clairement vers le bas.
    Je me console en espérant que ça empêchera certains d’acheter une saleté de maybach…

    Mais clairement ce Coupé Brookland est au-dessus de tout.
    La voiture est simplement énorme mais paradoxalement parvient à se mouvoir avec grâce et volupté sans tappe-à-l’œil.

    Bref, comme je dis toujours avec les anglaises, elles sont imposantes sans s’imposer 😉

  • 2
    christophe
    novembre 12, 2008 - 10:41 | Permalien

    « Bref, comme je dis toujours avec les anglaises, elles sont imposantes sans s’imposer  »

    Tout à fait d’accord avec toi ! D’ailleurs, si ça ne te gêne pas, je m’approprierai la formule pour un autre article 🙂

    Merci de tes remarques en tout cas !

  • 3
    novembre 12, 2008 - 3:24 | Permalien

    Les Anglaises ? La classe à l’état pur…

  • 4
    Chess
    novembre 12, 2008 - 4:40 | Permalien

    Bonjour,

    La Bentley Brooklands n’est pas motorisée par un V12, mais par le V8 6,75 l (dit « 6-3/4) maison agrémenté de deux turbos.

    Il ne faut pas y voir la moindre dévalorisation, mais au contraire, la volonté d’utiliser un pur moteur Bentley et son architecture historique : le V8 (comme sur l’Arnage ou l’Azur) en lieu et place du W12 d’origine VW employé sur la ligne des Continental.

    Mis à part ce petit rectificatif, je rejoins parfaitement vos enthousiasmes.

    Elle en impose sans vulgarité, ses dimensions, pourtant énormes, se fondent naturellement dans un dessin d’une rare élégance, son habitacle est somptueusement désuet avec ce charme britannique à l’atmosphère inimitable et ses performances annoncées, parfaitement en phase avec les conditions de conduite de notre époque prohibant le sport pur et dur, finissent d’émerveiller les plus blasés.

    Par ailleurs et au delà de sa série limitée à 550 exemplaire, cette Brooklands pourrait bien devenir une légende à terme en incarnant celle qui sera certainement la dernière Bentley à ne pas se servir d’organe issue de la maison mère VW.

    Un must contemporain et un mythe à venir… le Graal?
    Le mien, en tout cas.

    Cordialement,

  • 5
    christophe
    novembre 12, 2008 - 5:33 | Permalien

    Oups,
    me voilà confus sur l’erreur de la motorisation, la fatigue sans doute…
    en plus, j’ai mis V12 au lieu de W12…
    Encore désolé !

  • 6
    Chess
    novembre 12, 2008 - 6:49 | Permalien

    Il n’y a pas de mal! 😉

    Un autre détail amusant. Le constructeur propose toute une palette de couleurs de carrosserie et d’harmonies intérieures pour cette Brooklands ce qui crée davantage de combinaisons possibles que d’exemplaires à produire (550).

    Pour en revenir au « cheminement », pendant très longtemps j’ai également été amateur, pour ne pas écrire « intégriste », des voitures purement sportives jusqu’à baver devant l’intérieur spartiate d’une Ferrari F40 dont les portes se referment grâce à une corde pendouillante… ou ignorer les défauts flagrants de finition d’une 288 GTO, pourvu que la sportivité sans compromis soit au rendez-vous.

    Petit-à-petit, comme vous, j’ai commencé à m’en départir et à considérer plus favorablement la qualité de fabrication et le soin apporté au confort quitte à ce qu’en pâtisse le poids, donc la sportivité.

    Et lorsque l’on part sur ce terrain, les Anglais (appuyés ou nom sur d’autres constructeurs, peu importe) sont vraiment les maîtres.

    Qu’il s’agisse d’Aston, de Jaguar et naturellement de Rolls, chacune de ses marques, avec leurs caractères distincts, offrent ce petit supplément d’âme à leurs voitures qu’on ne retrouve pas ailleurs.

    Bentley et la Brooklands à son sommet représentent une sorte de synthèse de ces constructeurs; le raffinement extrême d’une Rolls Royce, la « poussée » d’une Aston Martin, la distinction discrète mais racée d’une Jaguar et l’élégance de toutes… avec comme dans un bon vieux manoir écossais, un glorieux passé qui vient hanter les moindre recoins de l’habitacle…

    So british!