Mercedes : quel positionnement sur le sport ?

Vous l’avez certainement remarqué au fil des posts, je ne suis pas un inconditionnel des voitures à l’étoile. Je n’ai rien contre la marque en elle-même, mais la stratégie de Mercedes m’a toujours intrigué.

Focalisée dans les années 80 sur des valeurs de robustesse, de qualité de fabrication, souvent au détriment de la fantaisie, Mercedes opère depuis une mutation structurelle pour tâcher de s’adapter aux comportements des acheteurs.

L’élargissement de la gamme vers le bas, mais également la course à la technologie à outrance ayant entraîné de profondes difficultés notamment dans l’électronique durant la fin des années 90 ont peu à peu rendu plus flou le positionnement de Mercedes.

BMW, son grand rival, n’a jamais perdu son image de constructeur « sportif », alors que Mercedes a été obligé de revisiter complètement son fonds de commerce, et a cherché non seulement à rajeunir son client type, mais aussi à cultiver des valeurs considérées comme plus porteuses, comme le dynamisme et la sportivité.

Or, ce positionnement est très paradoxal.

La marque communique beaucoup sur le feeling de conduite de ses derniers modèles classe C, et a considérablement revu les fondamentaux de son design extérieur et intérieur en vue de dynamiser les lignes de l’ensemble de la gamme. Le développement spectaculaire d’AMG contribue également à faire de Mercedes un des constructeurs qui propose le plus de véhicules puissants, avec des déclinaisons AMG surpuissantes pour la quasi-totalité de sa gamme.

Mercedes SLR S

Mais en parallèle, les ingénieurs s’acharnent à museler le comportement de ces autos, y compris celui des plus exclusives, au travers de systèmes d »aides à la conduite », qui, s’ils vont théoriquement dans le bon sens en cherchant à protéger les conducteurs, ont d’autres effets plus pernicieux. D’abord celui de déresponsabiliser le conducteur, comme les radars de reculs avec détecteurs d’obstacles, qui permettent de rouler soi-disant vite, et de laisser la voiture freiner en cas d’urgence. Ensuite, ces systèmes entraînent du poids qui nuit au rapport consommation/performances, et implique une complexité d’entretien et de réparation croissante.

Bref, il va falloir choisir rapidement un positionnement plus clair pour la cible des passionnés de sport automobile et démontrer que la technologie peut également renforcer le plaisir sans le dénaturer. Sachant qu’Audi commence à copier BMW en terme de conduite, avec la R8 ou la S5 dont les systèmes quattro sont maintenant typés propulsion, Mercedes va devoir trancher, dans un sens ou dans l’autre.

Mercedes DTM

Et, on peut penser qu’avec les Classe C AMG, et les nouveaux SL AMG (63 et 65…), Mercedes a clairement choisi son camp, ce qui n’est pas pour nous déplaire !

Mercedes CLK GT-R Mercedes classe C AMG

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2 Commentaires

  • 1
    mars 31, 2008 - 10:42 | Permalien

    Nous sommes des professionnels de l’auto et nous sommes désolés de voir que Mercédes devient un généraliste…nous espérons tous dans la profession qu’ils vont redresser la barre avant qu’il ne soit trop tard….

  • 2
    mars 31, 2008 - 2:57 | Permalien

    Je ne dis pas qu’ils deviennent trop généralistes, même si la gamme est large.

    J’insiste simplement sur leur politique parfois peu cohérente sur les modèles sportifs, et qui devrait visiblement s’améliorer avec les nouveaux modèles 63 AMG, classe C et SL.