Toyota IQ, objectif moins de 100 g/km…

Toyota a dévoilé en Mars dernier sa nouvelle petite dernière, très attendue, la IQ. Son nom plutôt bizarre vient en droite ligne de la folie ambiante au niveau de la créativité des marketeurs, qui affublent leurs véhicules soit disant mondiaux de noms plutôt mal perçus, ou connotés : MiTo chez Alfa Romeo, IS-F chez Lexus, et maintenant IQ chez Toyota.

Ce dernier a le mérite de faire penser à QI, et du coup on se demande si la puce de Toyota apportera réellement quelque chose au marché.

Toyota a en effet alimenté un gros buzz autour de cette voiture, avec en ligne de mire un objectif en phase avec les tendances réglementaires : investir rapidement la ligne de marché dédiée aux véhicules dits « propres », et vendre un modèle dont les émissions de CO2 seraient inférieures à 100 g de CO2 par Km.

L’IQ a été pensé pour ça : moins de 3 mètres de long, moteur 3 cylindres de 1.0 l de cylindrée tout en aluminium intégrant un système stop & start, matériaux légers mais résistants. Toyota espère même décrocher le sacro-saint 5 étoiles lors des tests NCAP.

Très bien designée, en France d’ailleurs, au centre de recherche Toyota de Sophia Antipolis, l’IQ affiche un look très plaisant, moderne, avec une carrure quasi cubique. Les détails sont léchés, et l’intérieur propose un bon rapport encombrement / habitabilité. Le tout avec juste une petite touche de chic design bien adapté à la clientèle urbaine trendy souhaitée.

L’IQ est-elle donc la voiture « verte » du futur, le plebiscite du déplacement urbain ?

Ä mon sens, pas vraiment. D’abord parce qu’elle n’a pas été conçue pour disposer d’une propulsion hybride ou électrique, et pour une voiture estampillée non polluante, je trouve ça légèrement exagéré.

Par ailleurs, Toyota a fait le choix de développer l’IQ sur une nouvelle plateforme, d’où des coûts plus importants, et des prix de vente relativement élevé, aux alentours de 15 000€ chez nous.
Dernière hérésie, la voiture sera majoritairement commercialisée en Europe, mais produite au Japon, car les usines européennes de Toyota tournent à plein régime.

Résumons : pour polluer moins, Toyota nous propose une voiture qui ne fonctionne qu’avec des carburants d’origine fossile, fabriquée au Japon et importée par bateau avec les impacts environnementaux que ça engendre, à un prix comparable à celui d’une Yaris (fabriquée elle en Europe).

On est en droit d’attendre beaucoup mieux d’un constructeur qui a fait de l’hybride un savoir-faire et un argument commercial majeur.

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